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Rotule et sushis

stone monument

Mon chum : Les garçons, je dois vous parler. Le 27 avril, votre maman va avoir une grosse opération au genou. Le chirurgien va couper la peau sur toute cette longueur avec un scalpel (imaginez ici la longueur d’une banane) , ils vont détacher le ligament du tibia et un morceau du tibia et les rattacher plus loin en tirant la rotule plus bas en attachant le tout avec deux vis de chaque côté, comme ça : pzzzzzzz (bruit d’une perceuse). Il va falloir que vous soyez très autonomes pendant les prochains mois. Sa réhabilitation va être douloureuse et longue. Elle va avoir des béquilles pendant un mois, ensuite une canne, et ne pourra pas conduire, ni faire à manger, ni le lavage, encore moins vous ramasser et elle va beaucoup souffrir.

Axel : Toi aussi, papa, on dirait que tu vas devoir être autonome.

Mon chum : …

Au moment où vous lisez ces lignes, je suis sur la table d’opération. Je suis née avec des instabilités rotuliennes. Mon genou gauche a été opéré quand j’avais 25 ans. (explication du TTA ici)  À l’époque, nous vivions dans un petit condo et nous n’avions pas d’enfants. Donc, j’ai passé quelques mois en congé de travail, à lire des revues sur ma terrasse, à manger des repas livrés et à aller en physio seule, car je pouvais appuyer sur les pédales de ma voiture avec ma jambe droite. C’était douloureux, mais assez simple!

Le genou droit, qui en ce moment même subit un lifting vers le bas , aurait dû, selon mon orthopédiste, être fait bien avant! Il me l’a répété plusieurs fois : 40 ans, c’est limite!!! Limite de quoi? Comme si j’allais passer date à 41 ans et qu’il n’y avait plus rien à faire avec moi!  En fait, ce qu’il veut dire, c’est que, en 40 ans, ma rotule placée trop haute en raison de la malformation a eu le temps de s’user abondamment. J’aurais du faire balancer mon genou plus tôt, comme on le ferait sur une voiture, bien avant l’usure. Il y a donc un risque que l’opération soit un échec. Il se peut  que je sorte de la salle d’opération avec juste une simple arthroscopie et un rendez-vous dans deux ans pour une rotule artificielle. Je rajouterai le verdict à ce texte bientôt, si je suis si usée que ça! À suivre…28 avril: arthrose grade 3 sur 4! 🙂  L’opération a été fait telle que planifiée  malgré l’usure avancée. Y a encore de l’espoir a 40 ans. Merci la vie.

Mais pourquoi ai-je été si négligente? La réponse est simple : j’ai eu des enfants et j’ai démarré une entreprise… et ha oui, j’avais aussi un peu peur et pas envie du tout de passer sous le bistouri! Je savais bien qu’un jour j’aurais à passer par cette opération, mais la vie est telle que nous nous oublions un peu lorsque nous en avons plein les bras. Disons que je ne m’attardais pas beaucoup à mon état et que je me voyais mal subir cette chirurgie alors que j’avais des enfants très jeunes et une entreprise à faire grandir. Plusieurs projets sont mis de côté à la naissance des enfants mais certains, plus douloureux,  sont plus tentant que d’autres à reléguer en bas de la liste de vie.

Mes garçons ont maintenant 7 et 11 ans. L’entreprise a 7 ans. Mes enfants sont assez autonomes et capables de comprendre la situation, d’aider dans la maison et de développer leur empathie par le fait même. Il y a quelque temps, je voyais cet événement venir comme une épreuve à passer. Je le vois maintenant comme un défi à relever en famille. Ça va être beaucoup leur demander, mais je sais qu’ils sont capables et que ça les fera grandir. De mon côté: patience et indulgence envers eux.  Le reportage sur Chantal Petitclerc, l’athlète olympique en fauteuil roulant (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/03/09/004-chantal-petitclerc-maternite-fauteuil-roulant.shtml), ainsi que le dossier sur les enfants aidants dans La Presse (http://plus.lapresse.ca/screens/9693078d-c127-4976-a011-a536f11e28b3%257CIfQs03VvoSfG) m’ont beaucoup touché et fait réfléchir dernièrement. J’ai la chance de mon côté que ce ne soit que temporaire – six mois tout au plus, si tout va bien.

On vit tous un jour ou l’autre l’incapacité plus ou moins longue de s’occuper de ceux de qui on a la charge (je ne parle pas de mon conjoint ici). On se sent impuissant surtout si en plus ceux-ci doivent prendre soin de nous. Mais l’être humain s’adapte et nos enfants sont encore plus résilients que ce que l’on croit.

Mon chum : On devrait se fixer des objectifs. En septembre, on va aller monter une montagne toute la famille pour fêter ça. Et quand maman passera des béquilles à une canne, dans 1 mois, on ira dans un buffet « all you can eat » dumplings et sushis!

Mes garçons :  Yeahhhhhh!

Comme quoi la couleur que nous donnons aux événements de la vie peut tout changer….

Alors repos, discipline et…lâcher-prise!

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NDLR: Je tiens à préciser que mon conjoint en fait beaucoup dans la maison même si ce texte pourrait faire croire le contraire.  Merci David !

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