Entrepreneur: qui, quoi, comment, où, pourquoi?

20160512_091930Ça me fait toujours bizarre quand je me fais demander ce que je fais dans la vie. Si je répondais comptable, coiffeuse, productrice ou bibliothécaire, ça serait plus simple, il me semble. Les gens auraient tout de suite une image en tête. Alors qu’entrepreneure, au contraire, c’est vague, nébuleux, ça vient avec des questions. Entrepreneure de quoi ? Dans quel domaine ? Quel est ton chiffre d’affaires ? Combien d’employés et de points de vente as-tu ? C’est d’autant plus complexe que je n’étais pas destinée à cette carrière. Après neuf ans, j’ai encore souvent le syndrome de l’imposteur. Je n’ai pas étudié pour être entrepreneure. Je l’apprends « sur le tas », comme beaucoup d’autres que je connais.

Ça fait quoi une entrepreneure ? Pour tenter de répondre à cette question que je me fais poser, j’ai pensé vous décrire une partie de ce à quoi ressemble mon travail :

Un coup de balai suivi du coup de téléphone client : La liste des tâches à faire est variée et infinie. Je touche à tout, ou presque. Marketing, comptabilité, ressources humaines, maintenance, entretien, service à la clientèle, ventes, gestion… c’est parfois étourdissant, mais jamais ennuyant ! Avec le temps qui passe et les super employées qui se sont ajoutées à notre équipe, la macro gestion est désormais la bienvenue. Maintenant, je prends le temps de m’informer, sans exécuter toutes les taches. Je me tiens au courant, mais je délègue une part du travail et je fais confiance aux gens qui travaillent avec moi.

Zéro routine : Je ne prends jamais la même route. Même si j’ai des objectifs, le tracé pour m’y rendre peut dévier, s’arrêter, faire un détour ou même prendre une voie d’accélération. Je dois m’adapter à ce que je ne peux pas contrôler. Mais j’adore le fait de ne pas savoir ce qui va réellement se passer dans la journée. Tout peut arriver !

Liberté : Je suis le capitaine de mon navire. Je le conduis à la vitesse désirée, lorsque je le veux. Même avec les échéanciers et les objectifs fixés, il y a toujours moyen d’organiser mon horaire. Gym, présence auprès des enfants, dîner avec une amie… Il s’agit de jouer à Tetris avec mon agenda. Avec un peu de volonté, ça rentre ! Mais j’ai appris avec le temps que la tête a besoin de repos. On pense à notre entreprise 24 h sur 24. On ne « punch » jamais à 17 h ! Alors j’essaie la méditation et la lecture comme exutoire.

Faire face à la compétition : On peut la détester – c’est la voie la plus facile. J’ai plutôt choisi de la remercier. Elle me donne des ailes pour innover, pour me dépasser. La compétition sera toujours là pour me rappeler de ne pas m’assoir sur mes lauriers. Je ne mets pas d’énergie à la regarder de proche, mais j’y jette un coup d’œil de loin, en me disant : « on peut faire mieux ! » Pas si facile… mais j’essaie fort !

Problèmes ou défis ? : Chaque semaine apporte son lot de mauvais moments. Si on s’y attarde et que l’on est quelqu’un qui a tendance à voir le verre à moitié vide, on se dit que « ça va donc ben mal ! » Mais c’est tellement normal. Être entrepreneur, c’est s’exposer à une foule de petits ou de gros irritants, car on gère nous-mêmes TOUS les départements de l’entreprise. Le logiciel comptable fait des siennes ? Il y a un défaut dans la couture d’une production de pantoufles ? Il y a un retard de paiement à la CSST, un cockatil Molotov chez le locataire d’à côté, un ordinateur portable volé ? Tout doit être géré. Alors, autant voir l’ensemble de ce qui arrive comme des défis ou même comme des opportunités à saisir.

Décisions, décisions et décisions : Beaucoup de questions, beaucoup d’avenues, beaucoup de choix. Il n’y a pas de chemin tout tracé ni de marche à suivre établie. Parfois, j’aimerais avoir des instructions Ikea pour faire face à une situation. Avec le plan Ikea, on se creuse la tête pour comprendre, mais on y arrive. Et en plus, il reste des vis ! Ça ne fonctionne malheureusement pas comme ça avec une entreprise ! Avec le temps, j’ai appris que si la réponse ne vient pas naturellement, je mets la question sur la glace. Parfois, la réponse vient par elle-même, parfois, elle arrive pendant la nuit ou sous la douche. Mais il faut l’attendre. Rien ne sert de précipiter les choses si elle n’apparaît pas. Et pour les grosses décisions, la réponse est à l’intérieur de nous, il faut la laisser monter et faire taire la tête.

L’argent : Notre relation avec l’argent est influencée par une foule de facteurs, mais en grande partie par notre enfance et par l’éducation que l’on a reçue. Pour ma part, j’ai peur des dettes, alors que pour faire croître son entreprise, il faut utiliser l’argent des autres. Heureusement, gérer les finances aussi ça s’apprend ! J’ai vécu des stress dernièrement par rapport à l’argent et j’en ai parlé à d’autres entrepreneurs. « Bienvenue dans le club ! », m’a-t-on dit. On est pas mal tous dans le même bateau. La gestion de la trésorerie et la planification financière, c’est tout un challenge ! Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide et des conseils et ce, pas juste pour l’argent.

Avoir une vision globale : Autrement dit, mettre la loupe de côté et utiliser les longues vues en haut de la montagne. En tant qu’entrepreneure, si je fonctionne comme une automate et que je porte mon attention uniquement sur le moment présent et sur les tâches à accomplir jour après jour, je me trompe royalement. À tout moment, je dois être capable de cliquer sur le – de ma carte Google interne pour voir l’ensemble de l’œuvre. Je dois prendre le temps de m’arrêter pour m’assurer que les décisions prises sont cohérentes avec mes valeurs, avec ma vision à long terme et avec celle de l’entreprise.

Plaisir : J’essaie d’en avoir dans tout ce que je fais. Il y a des périodes plus difficiles que d’autres. En ce moment, par exemple, je vis une période de fatigue accumulée. J’essaie donc de mettre mon énergie sur les aspects agréables et plaisants de mon entreprise, comme la créativité :  créer des produits, des étiquettes, des visuels, choisir les tissus, écrire ce texte… Si le reste peut attendre, je choisis le plaisir.

La liste pourrait s’allonger : discipline, savoir communiquer, connaître ses chiffres, la passion, persister, bien s’entourer, les fluctuations du marché.
Peut-être un prochain texte…

Pour moi être entrepreneur c’est bien plus qu’un métier, c’est un mode de vie!

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